Greenpeace tire le signal d’alarme sur les centrales à charbon au Maroc
Greenpeace tire le signal d’alarme sur les centrales à charbon au Maroc
Le secteur pourvoyeur d’énergie électrique au Maroc, c’est un secret de polichinelle s’alimente en énergie fossile (charbon) chez les autres à hauteur de plus de 90 %. Notre pays s’approvisionne auprès des États-Unis (près de 60 %), de la Russie, de l’Afrique du Sud et de la Pologne sachant en cela que la production locale de ce combustible n’est plus d’actualité depuis la fermeture des mines de Jerrada.

Les centrales de productions de l’électricité de l’ONEE consomment plus de 52 % de charbon et le Maroc continue de s’y investir nonobstant l’Accord de Paris, auquel il a apposé sa signature. La centrale de Safi, inaugurée il y a plus d’une année et demie en est l’évidence même. Le charbon utilisé comme combustion énergétique est la matière la plus polluante en termes d’émission de gaz à effet de serre et franchement, on n’avait pas besoin de Greenpeace pour nous le rappeler.

Le Maroc, dans sa volonté de réduire sa dépendance énergétique, s’est engagé notamment, dans la mise en place d’un processus énergétique propre et diversifié (éolien, photovoltaïque, hydraulique…), pour sa composante électrique où les énergies renouvelables devront représenter quelque 52 % à l’horizon 2030 contre un peu plus de 34 % actuellement.

Cependant, le secteur de l’électricité qui demeure dépendant du charbon, un combustible maudit pour son dioxyde de soufre ou SO2 (source de risques pour la santé et de maladies en plus des effets graves sur l’environnement), continue de se développer dans le Royaume. Au regard des bonnes intentions du ministère de tutelle qui prévoit l’ouverture de prochaines centrales électriques à charbon (extension de celle de Jerada en plus d’une autre prévue pour 2022, lancement d’une nouvelle centrale à charbon à Nador dont la mise en service est prévue pour 2023-2024), on en est vite convaincu. Et le pari est loin d’être gagné.

Bref, on aura opté pour une politique énergique en privilégiant un combustible beaucoup plus polluant que le pétrole car plus compétitif, et ce malgré le coût qu’il engendre pour le rendre plus propre. En chiffres, la consommation du charbon est passée de 3,38 MT en 2002 à 5,31 MT en 2017 et il se positionne en seconde place après les produits pétroliers, tandis que la valeur des importations a connu une évolution de 40,4 % entre 2017 et 2018.

Mais, à ces « bonnes intentions » du département de tutelle, est un revers de la médaille. C’est l’impact sur l’environnement. Greenpeace qui nous taxe parmi les plus mauvais élèves en se basant sur un rapport de données satellitaires collectées par la NASA nous classe au 25e rang des premiers émetteurs de gaz à effet de serre dans le monde. Ce n’est pas tout, le Royaume est le second pollueur sur le continent après l’Afrique du Sud.

L’Organisation Non Gouvernementale Internationale (ONGI) qui œuvre pour la protection de l’environnement pointe du doigt quatre centrales à charbon, celles de Jorf Lasfar, de Mohammedia, de Safi et de Kénitra.

En 2018, nous dit l’ONGI, Jorf Lasfar a été génératrice, de 113.000 tonnes de SO2 soit une hausse de 61 % en une année. La centrale thermique de Mohammédia a enregistré une baisse de 56 % en émettant 73.000 tonnes de SO2 par rapport aux 126.000 tonnes émises en 2017, une baisse qu’estime Greenpeace en rapport avec une période de protestations des habitants de Mohammedia et de Kénitra. Tandis que la centrale de Safi émettait quant à elle 30.000 t de SO2.

L’ONGI concluant que la pollution atmosphérique au Maroc se situe dans les zones urbaines à forte concentration d’activités industrielles, qui utilisent les énergies fossiles soit pour générer de l’énergie ou pour alimenter des installations industrielles.

Notre pays, de ce fait peu reluisant, se retrouve coincé entre l’enclume et le marteau. D’un côté il subit pour son développement, les impératifs d’une économie de plus en plus gourmande en énergie d’où, une hausse exponentielle de la demande et de l’autre, il doit faire face à ses devoirs environnementaux dictés par l’obligation du respect des conventions nationales ou internationales dictées par les grandes instances mondiales auxquelles il adhère. C’est un peu s’enfermer dans un cercle vicieux dont on ne risque pas de sortir de sitôt.

M.J.K

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