Levothyrox : Y’a-t-il vraiment pénurie sur le marché ?
Levothyrox : Y’a-t-il vraiment pénurie sur le marché ?
À en croire quelques pharmaciens d’officine interrogés suite à la rumeur qui ne cesse de grandir à en affoler les réseaux sociaux quant à une éventuelle rupture de stock d’un médicament fortement consommé au Maroc, le « Levothyrox » en l’occurrence, le manque est bel et bien réel.

Largement prescrit aux patients atteints d’une hypothyroïdie (maladie à vie qui touche principalement les femmes) son absence sur le marché selon les pharmaciens d’officine incombe à la distribution. Ils en pointent du doigt les grossistes et les tiennent pour responsables de ne pas les fournir ni, en temps voulu ni, en quantité suffisante, quota oblige. Ils soupçonnent même le fabricant de vouloir réviser les prix du médicament peu onéreux à la hausse.

L’idée est vite rejetée du côté du ministère de la Santé où le son de cloche n’est pas du tout, le même. Le professeur Jamal Taoufik, en charge de la Direction des médicaments et de la pharmacie (DMP) au sein du département de tutelle, a bien voulu éclairer notre lanterne quant à cette soi-disant crise. D’un ton rassurant le professeur qui maîtrise son sujet, sous toutes ses formes, et coutures a reconnu que mis à part un petit dysfonctionnement de distribution dû à un des dosages du médicament, rétabli depuis, chiffres à l’appui, tout baignait.

« Ce n’est qu’un mouvement de panique qui affole les gens de peur de se retrouver en manque de leur médicament. Ce qui somme toute, est tout à fait compréhensible », nous a expliqué le Pr Taoufik . Et de schématiser la situation : « c’est un peu comme, le phénomène de la boulangerie prise d’assaut au mois de Ramadan alors que le marché est largement approvisionné en pain ».

Et pour étayer ses dires d’un marché alimenté sous les yeux et les bons soins du ministère de la Santé, le Professeur Jamal Taoufik affirme que rien que dans la journée de jeudi 22 août, ce sont 240.000 médicaments aux 5 dosages (20, 50 , 100 , 150 et 200 mg) qui ont été mis sur le marché tandis que pour le mois d’août” a-t-il poursuivi, “nous l’avons alimenté de 500.000 boites, l’égal de deux mois de traitement. Pour septembre, nous assure le Pr Jamal Taoufik, ce sont 690.000 boites qui vont être mises sur le marché et au mois d’octobre, 400.000.

Au vu de ces chiffres, force est de constater qu’une pénurie n’a pas à avoir lieu. En l’absence de chiffres quant aux personnes souffrantes d’hypothyroïdie au Maroc, on prendra comme pays de référence la France peuplée de plus de 60 millions d’âmes. Le Levothyrox dans l’Hexagone est utilisé par 2,5 millions de personnes. On peut donc, toutes proportions gardées, faire une estimation du nombre d’utilisateurs chez nous.

Aussi on peut s’en remettre aisément aux conseils avisés tout de civilités prodiguées à Hespress.fr au début de mois, par le Dr Hamza Guedira, président du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens ‘de peur de se retrouver sans traitement, on a commencé à surstocker et acheter en grande quantité (5, 6 voire 10 boites), le marché s’en est très vite asséché.   Il serait plus sage de la part des professionnels de ne pas délivrer plus de boites que nécessaire par patient. Cela, afin de permettre au marché d’être en permanence stable et alimenté du produit, et donc d’être disponible dans toutes les pharmacies du Royaume’.

Destiné, donc à traiter les malades de la thyroïde, le Levothyrox est un médicament qui n’a pas de générique. Il est fabriqué par le Laboratoire Merx. C’est une forme synthétique de la thyroxine (hormone thyroïdienne). La prise d’hormones thyroïdiennes de synthèse, telles que la lévothyroxine, permet de pallier la baisse de fonctionnement de la glande thyroïde.

Voilà pour le côté thérapeutique de la chose. Quant à l’hypothyroïdie, c’est un déficit de production d’hormones par la thyroïde, glande qui régule l’organisme (poids, rythme cardiaque, humeur, digestion, etc.). Souvent diagnostiqué tardivement l’hypothyroïdie est une maladie du goitre qui ralentit le métabolisme. Elle ne se guérit pas, mais peut être correctement contrôlée grâce à des traitements médicamenteux (prise quotidienne d’hormones thyroïdiennes de remplacement, dont le médicament incriminé). La maladie touche davantage les femmes, après la cinquantaine.

L’hypothyroïdie congénitale est une maladie présente dès la naissance qui peut avoir plusieurs origines : la glande thyroïde du nouveau-né n’est pas correctement développée, on parle alors de dysgénésie thyroïdienne.

M.J.K

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