Taxi : les chauffeurs casablancais plus connectés que jamais
Taxi : les chauffeurs casablancais plus connectés que jamais
Les chauffeurs de taxi casablancais sont à la pointe de la technologie. Fini l’époque où il devait attendre la fin de journée pour se rassembler aux postes de contrôle et partager leurs anecdotes et péripéties de la journée.

Smartphone derniers cris, écouteurs, application de VTC, etc., rien n’échappe à ses « drivers » engagés, qui profitent également de cette « ère technologique » pour augmenter leurs bénéfices, mais aussi disposer d’un réseau non seulement local, mais régional.

Lors d’un long trajet matinal au bord d’un taxi rouge de la métropole, le chauffeur, poli et courtois, est connecté tout au long de la course sur son téléphone « next-gen », posé « confortablement » sur le tableau de bord.

Whatsapp affiché à l’écran, le chauffeur est en contact instantané avec un groupe de chauffeurs, qui envoient des messages vocaux, souhaitant une bonne journée l’un à l’autre, où abordant une quelconque problématique.

Ce matin, le sujet abordé, entre les membres dudit groupe, était lié au bouchon sur l’avenue des FAR et Boulevard Moulay Hassan I au niveau de l’ancienne Médina de Casablanca, en raison des nombreux travaux au niveau de la gare de Casa Port, qui créent depuis un moment des embouteillages sur cet axe.

« Bonjour mes frères. Évitez Bd des Far et Bd Hassan 1. La circulation est juste infernale. Prenez plutôt l’allez de l’hôtel Farah et sortez directement sur Bd Mohammed V. La circulation est plus fluide là-bas. Bonne journée mes frères », a lancé l’un des chauffeurs sur le groupe Whatsapp.

Après un petit échange, Said nous explique que les chauffeurs de taxi sont de plus en plus connectés, profitant de l’essor technologique, ce qui leur permet d’établir un réseau de communication important, au niveau local tout aussi bien que régional. Celui-ci leur permet de communiquer entre eux, notamment pour ce qui est de l’état de la circulation dans un tel quartier ou une telle ville, mais aussi la situation financière des passagers en générale, afin de déterminer quels endroits sont les plus profitables.

« Il y a plus de 10 plateformes de chauffeurs de taxi dans tout le Maroc, que ce soit sur Facebook ou Whatsapp, mais aussi à travers une radio satellite. Ça nous permet de communiquer entre nous. Avoir une idée sur la circulation, s’il n’y a pas de bouchon quelque part. Comment se porte l’activité, est-ce qu’il y a des clients ou pas. C’est très avantageux et très important pour nous, puisque nous passons toute la journée à sillonner les rues », nous a expliqué notre chauffeur.

Said commence généralement sa journée par défiler sur toutes les plateformes auxquels il adhére, afin de voir s’il y a du nouveau et profite de l’occasion pour saluer les autres chauffeurs et leur souhaiter une bonne journée et « bon gagne-pain ». D’ailleurs, il n’a pas manqué de nous indiquer qu’il préfère plutôt Whatsapp comme plateforme d’échange, parce qu’elle lui permet de réécouter les messages vocaux envoyés ou cas où il aurait « zappé » un détail important.

« Bonjour mes frères. J’espère que tous se passent bien pour vous. Ce matin la circulation est plutôt tranquille au niveau du quartier Belvédère. J’ai pu chiper quelques clients sur la même route. Avec l’Aid et l’été tout le monde est en vacances, ce n’est pas évident. Mais hamdoullah, cette journée s’annonce bien », a déclaré Said via un message vocal envoyé sur un groupe Whatsapp, qui compte plus de 40 chauffeurs de la métropole.

Avec les vacances scolaires, l’Aid et l’été, les chauffeurs casablancais ont du mal à joindre les deux bouts. Pour ce faire, ils ont recours à des applications de VTC (voiture avec chauffeur) pour pouvoir couvrir leurs charges hebdomadaires (frais de location de taxi, carburant, pannes, etc.).

Said nous fait savoir qu’il est connecté à une application, sans citer le nom, qui lui permet d’avoir des clients, au moins, lors des heures creuses. « Cette application me permet de compenser un peu le manque de passagers lors de cette période estivale, mais aussi le soir quand c’est mort », nous a-t-il déclaré.

Dans les détails, notre interlocuteur nous indique que le client commande son taxi via l’application en question, en mentionnant sa position via GPS ainsi que la destination où il souhaite se rendre. Une fois cela effectué, la demande de course s’affiche chez les chauffeurs les plus proches. « Dans cette application, c’est premier venu premier servi », nous a-t-il fait comprendre.

Une fois le client accepté par l’un des drivers, il faut le contacter pour confirmer avec lui sa position et la destination mentionnées, « pour que tous soit Nickel et ne pas avoir de surprise, comme se rendre sur place et ne trouver personne », chose qui arrive souvent nous explique notre chauffeur.

« C’est efficace, rapide et bénéfique pour nous. D’ailleurs depuis que je travaille avec cette société, je gagne un peu plus qu’avant. J’ai la possibilité d’embarquer d’autres clients sur la même route que le client qui a commandé le taxi », lance-t-il avec un sourire « malicieux », avant de souligner que la société en question les a informés qu’elle travaille en étroite collaboration avec les autorités pour que ses chauffeurs de taxi disposent de la CNSS.

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