Affaire Raissouni: Ce qu’en pense Bachir Znagui

Affaire Raissouni: Ce qu’en pense Bachir Znagui

A chaque jour que Dieu fait, l’histoire de la journaliste Hajar Raissouni (28 ans) du quotidien arabophone, Akhbar Al Yaoum arrêtée fin août à Rabat et qui risque quelque deux années de sa jeune vie pour « avortement illégal » et « relations sexuelles hors mariage », n’en finit pas de susciter bien des réactions çà et là.

Ce lundi, elle comparaît en détention, pour une seconde fois devant le Tribunal de première instance de Rabat. Elle ne sera pas seule au banc des accusés puisque son fiancé Refaat Amin, son médecin, la secrétaire de celui-ci, ainsi qu’une infirmière anesthésiste, seront présents pour répondre des différents griefs dont ils sont accusés.

L’histoire n’a de cesse de faire couler de l’encre et bien des institutions de défense des droits de l’homme et ceux de la femme, des personnalités au Maroc et hors de nos frontières, se sont exprimées, à chacun sa version sur ce qui est désormais connu comme l’affaire Raïssouni.

Il est nulle utilité ici, d’en dire plus sur les différentes opinions, des défenseurs des droits de l’Homme comme la CNDH, l’AMDH ou de la femme comme l’ADMF ou féministe MALI, du Conseil National de la Presse qui s’est exprimé jeudi, ou des différentes personnalités comme par exemple Tahar Benjelloun qui s’est exprimé dans une fenêtre du magazine français Le Point et tant d’autres éminences.

Le consultant de profession et chercheur, Mohamed Bachir Znagui qui a occupé plusieurs postes durant sa carrière dans le domaine du journalisme (rédacteur en chef puis directeur de rédaction au quotidien marocain de langue française, Libération, conseiller auprès du ministère de la culture (2007-2012), qui s’occupe également de la coordination éditoriale de la plateforme Economia.ma.), nous a fait part de sa version sur le fait.

« Toute cette histoire s’inscrit dans la logique de l’inquisition. D’un côté, a-t-on le droit d’aller chercher une affaire d’avortement que personne, parmi les concerné(e)s n’a dénoncée ? Et d’un autre, l’affaire s’inscrit dans le système de la vengeance punitive. Elle est destinée à prendre revanche sur un adversaire. Mais sur un autre terrain que celui où il vous affronte« , estime-t-il.

Par ailleurs celui qui est également auteur de travaux publiés dans le cadre de CFMENA sur le droit d’accès à l’info, sur les médias, la diversité, et sur le terrorisme en remet une couche : « Les textes qui autorisent une telle poursuite sont à bannir de notre législation, car ils violent les droits humains fondamentaux et les libertés individuelles des personnes en général et des femmes en particulier ».

Toutefois, relève notre interlocuteur, « le recours à ces textes ne se fait pas dans le cours de l’application des lois, et cette zone-là est plus dangereuse encore. Il faut libérer sans tarder la journaliste prisonnière car ceux qui s’autorisent à priver les autres, de leur droit à la liberté, ne menacent pas une femme mais vont au-delà. Ils menacent à la longue, le pays dans sa stabilité et sa cohésion ».

Comme pour mieux enfoncer le clou, Bachir Znagui martèle: Ce qui se passe est vraiment pénible pour tous les journalistes et tous les citoyens et citoyennes de ce pays ! ».

M.J.K

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