Crise mortelle pour les démocraties
Crise mortelle pour les démocraties
Les populistes ont le mérite de dévoiler les maladies de la démocratie représentative. Le libéralisme économique, la mondialisation déstabilisent les nations.


L’Allemagne se pensait prémunie contre l’extrême droite après Hitler et les souffrances qui ont suivi la seconde guerre mondiale. Mais au moment même où le président allemand présentait des excuses au peuple polonais, les électeurs donnaient à l’AFD le quart des voix. L’AFD ne se réclame pas du Nazisme, en tous cas pas ouvertement, mais il est de l’extrême droite pure et dure.

Trump, Boris Johnson, Salvini, voilà des personnages qui étaient impensables aux postes qu’ils occupent il y a dix ans. Et pourtant ils y sont arrivés par les urnes comme Hitler par ailleurs.

La démocratie représentative a du plomb dans l’aile partout dans le monde. Le mécontentement ne concerne plus une sensibilité au pouvoir, mais « le système ». Cette notion est importante parce qu’elle renie les bases même de la démocratie, censée être le moyen de gérer les divergences. Elle apparaît aux yeux des peuples, comme un moyen factice pour les élites de partager des privilèges.

La tendance, partout en occident est au rejet du système démocratique

Jamais la démocratie n’a connu un tel défi, même dans les années 30 du siècle dernier. Le mouvement des gilets jaunes en France est symptomatique de cette crise. Ils ont refusé toute représentation, chassé les politiques et les syndicalistes et même ceux d’entre eux qui proposaient la moindre organisation. Le mouvement a fini par s’éteindre, mais la tendance, partout en occident est au rejet du système démocratique.

La mondialisation malheureuse

Ceci est la conséquence d’une catastrophe économique qui a pour nom la mondialisation. Contrairement à la doxa libérale, si elle a créé des richesses, elle a aussi relégué des populations qui n’y arrivent plus. Les gouvernements sont impuissants face au marché. Ils font tous la course à la fameuse compétitivité et sont obligés de détricoter les systèmes de protection sociale, quand ils existent. Les élites mondialisées apparaissent, aux yeux de ces populations, comme des usurpateurs. Thomas Pikerty avait prouvé que jamais les inégalités sociales n’avaient été aussi grandes. Or la précarité, l’ubérisation de l’économie sont devenues des règles universelles. C’est sur ce terreau que surfe le populisme désormais triomphant.

La démocratie représentative est réellement en danger de mort. Ceux qui sont exclus économiquement ne s’y reconnaissent plus et optent pour la violence. C’est une tendance qui va s’approfondir parce que le libéralisme fou est antisocial et qu’il règne en maître. Sans changement de cap, le chaos est sûr.


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