Drame d’Imlil: les principaux accusés ne regrettent rien
Drame d’Imlil: les principaux accusés ne regrettent rien
Troisième audience en appel ce mercredi 18 septembre au tribunal pénal de la Cour d’appel de Salé pour les 24 accusés dans l’affaire du meurtre des deux touristes scandinaves dans la région d’Imlil. Les trois principaux accusés ont successivement comparu devant le juge. Ils ne regrettent pas leur acte meurtrier.

Avocat de la défense des accusés, Me Saâd Sahli a été le premier à demander la parole. Il a appelé le juge à faire preuve d' »équilibre entre les parties du procès » en permettant aux accusés de « présenter les preuves les plus simples et probantes de leur innocence » comme « le droit d’appeler des témoins ».

Une demande désapprouvée par le ministère public et par l’avocat de la famille de la victime danoise Louisa Vesterager Jespersen, Me Houcine Raji qui a rétorqué que « c’est encore prématuré ».

Le prétoire a ensuite vu défiler les trois principaux accusés du meurtre des deux touristes scandinaves. L’un des deux présumés meurtriers, présenté comme la « tête pensante » de la cellule terroriste qu’il a lui même créée, Abdessamad El Joud s’est soumis à l’exercice de questions-réponses à l’initiative des deux avocats de la partie civile, fréquemment repris par le juge pour reformuler leurs interrogations.

Au-delà des questions au sujet du processus d’endoctrinement d’El Joud, c’est la question touchant aux éventuels regrets que pourrait avoir le jeune homme condamné à mort en première instance qui ont surpris l’assistance, avec notamment la présence de l’ambassadrice du royaume de Danemark au Maroc.

« Les croisés devraient s’excuser pour le meurtre de millions de musulmans dans le monde. Ici, il n’y a eu que deux morts, et seul Allah pourra juger nos actes », répond le principal accusé qui a également tenu à attester que mis à part lui et les trois autres complices du crime perpétré à Imlil, « le reste des accusés n’ont rien à voir avec ce qui s’est passé ».

Second d’El Joud également condamné à mort en premier ressort, Younes Ouziad a pour sa part répondu à la question cruciale en estimant que « les remords sont à confier au Dieu tout puissant ». Sous la demande pressante des deux avocats des familles scandinaves, les deux principaux accusés ont dû réexpliquer comment s’est constituée la cellule terroriste, sans remettre en question les propos qu’ils ont délibérés au juge d’instruction, puis au cours du procès en première instance.

Le troisième accusé principal, Rachid Affati, n’a pas dérogé à cette règle en confirmant les déclarations d’El Joud et Ouziad, précisant que le groupe clandestin « envisageait de partir faire la guerre en Syrie, avant que toutes les portes de sortie ne soient fermées ».

Il a également déclaré que la cellule « savait distinguer entre mécréants, croisés et vrais et faux musulmans ».

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